Sa peinture est avant tout une perception d’ambiances,
sortes de paysages aussi bien extérieurs qu’intérieurs.
Son univers pictural renvoie à plusieurs mondes, à la fois
semblables et autres: un monde de couleurs, un monde
d’ombres et de lumières, un monde psychédélique et des
champs exploratoires à déchiffrer et défricher.
Ces petits mondes sont comme des regards complémentaires
de l’artiste qui n’en font qu’un, mêlant force et douceur,
réalisme et fantasmagorie…
Nadia Revaz
« On y est, au bout de la nuit de l’autre côté des ombres. » Cette phrase de Philippe Sollers, extraite de son Carnet de nuit, pourrait très bien s’appliquer aux œuvres de jeunesse d’Olivier Menge, monde d’ombre et de lumière. Dans ses portraits sombres, il conjugue avec bonheur le réalisme formel du portrait noir/blanc et une sûre liberté d’imagination servant à contextualiser le personnage représenté : de cette opposition naît une ambivalence entre la volonté de transcrire la réalité « vraie » et le besoin de figuration libre. Passage obligé entre les états de conscience.
Dans son monde de couleurs, les paysages de l’artiste exhalent une fraîcheur et une intensité, dans une recherche presque cézannienne. Ses tableaux reflètent une réalité inscrite dans le temps et le lieu, avec le souci de noyer le détail obsessionnel. Il croque les paysages de sa terre natale, le Valais, et emporte, quand il ne les oublie pas, ses pinceaux avec lui pour figer et ramener les bons et joyeux moments de la vie.
Olivier Menge, c’est surtout un univers de lutins, période de transition (1999-2000) où l’artiste a exploré un monde intérieur, résultat d’un glissement vers une dimension parallèle brr. A travers l’observation des valeurs humaines, l’artiste a créé une série de tableaux mettant en scène un monde étrange et peu accessible, constitué de lutins et d’elfes: cet univers merveilleux, extrait de nulle part et dans lequel lutins, elfes et sorcières festoient, trinquent et chevauchent balais, poissons et tortues, n’est pas sans rappeler les légendes nordiques et ses esprits malins. Son monde psychédélique se situe quelque part très loin entre les tableaux de Ieronymus Bosch et ceux des peintres surréalistes. Au centre de sa démarche artistique, la part belle a été faite à beaucoup d’imaginaire et à beaucoup de recherche intérieure, bien sûr toujours combinées à une observation minutieuse des comportements humains.

L’une de ses gouaches, datant de 2001 et intitulée La Roue de la vie, est très emblématique de cette approche allégorique du mouvement de la Vie sur lequel l’individu n’a aucune prise. C’est le tourbillon intérieur du psychisme humain, en proie à la solitude, représentée par des scènes de la vie et peuplée d’une multitude de petits personnages, que l’artiste met en images. Ses peintures essaient de mettre de l’ordre dans le chaos mental qui caractérise l’être humain.

Sa peinture exploratoire, avec l’utilisation du mortier sablé sur acryl, invite à une vision plus abstraite du monde. Pour lui, la maîtrise de la technique passe par cette phase de recherche et d’exploration. Parfois, c’est le même thème qui revient au fil des mondes. Ainsi la tour des sorciers, une magnifique tour datant du Moyen-âge, sise à Sion, est représentée différemment, de façon réaliste, fantasmatique ou plus abstraite.
Le lutin en question
Lutin de 1971, il est apparu par hasard à Sion dans la République du Valais (Suisse)
: une partie de la mannschaft, un poco dela squadra italiana e birra Peroni, un peu de framboise savoyarde et mit huere mal ! viel güete oberwalliser PilzenBlut (schmack nach Tötelem) le constituent. Déjà tout petit il était fasciné par nos amis les lutins, dans les vastes forêts de Bellwald et Niederwald, en passant par Glüringen et Selkingen.
Ses écoles primaire et secondaire I tranquillement passées à Sion, il commence à dessiner au collège des portraits noir/blanc. Ses cours de dessin obligatoire (les branches culturelles étaient la base) au collège avec Walter Fischer, ancien directeur de l’Ecole cantonale des beaux-arts de Sion, et surtout une forme .. d’ennui à la Moravia, ressenti de la vie le poussent dans ce besoin de création. L’utilisation de techniques différentes (crayon-pastel-gouache-huile-acryl) est le constituant et le garant dans l’évolution d’un peintre.
Après 5 années à Lausanne, il revint titubant et surtout titulaire d’une licence en sciences sociales de l’Université de Lausanne
Le travail à temps partitel a ceci de bien, c’est qu’il vous prend tout votre temps, spécialement dans la recherche. Dès 1995, il pose son énergie dans la quête d’efficience et de qualité du système scolaire valaisan (indicateurs et autres projets de consortage romand et suisse (IRDP/DECS recherche) pour quelques années. L’artiste chercheur est autodidacte et comme son père, Charles Menge lui ayant livré quelques secrets (1000) des mystères de la peinture, il remet l’ouvrage sur le métier. Un peu comme les enfants de la balle, il a grandi dans un univers de formes et de couleurs. C’est donc naturellement qu’il a pris ses pinceaux pour exprimer son regard sur le monde qui l’entoure, un regard léger teinté de fatalisme. Dans ses peintures, c’est tantôt la beauté colorée qui prend le pas et tantôt le côté sombre de la destinée humaine. Sans négliger les pinceaux, c’est aussi tout naturellement qu’il a mis la main à la terre, pour la malaxer (malaxe malaxe comme dirait alain bashung) et la façonner…
Ses oeuvres sont présentes dans plusieurs collections (BCVs – Hottinger – Fondation MAG …) et chez plusieurs privés en Suisse, France, Angleterre, Brésil, Costa-Rica et Etats-Unis.
Les chemins de ses créations suivent surtout un esprit de liberté, guidés par un fil conducteur omniprésent: la musique, celle qui est toujours au cœur de ses états d’âme. « Sans la musique, la vie serait une erreur », écrivait Nietzsche. Olivier Menge a fait sienne cette conception de la vie. Fasciné et imbibé par le phénomène de la musique (alain bashung – frank black – editors – josh homme – mark oliver everett eels – jack white – damon albarn - matthew bellamy et bien d’autres), processus émergeant de la symbiose des instruments et des rythmes, l’artiste en tire l’essentiel se dégageant de l’harmonie de certains morceaux: l’invitation au rêve.



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